
Le Sommet des Chefs d'Etat d'Afrique
centrale sur la gestion durable des forêts, qui s'est tenu à
Yaoundé le 17 mars 1999, est la première grande assise internationale de haut niveau sur la question de la conservation
et la gestion durable des forêts denses et humides du Bassin du Congo.
Organisé à l'initiative du Président camerounais, ce sommet a réuni les Chefs d’Etats du Congo, du Gabon, de la
Guinée Equatoriale, de la RCA, de la RDC et du Tchad, en présence notamment du
Prince PHILLIP, Duc D’EDINBOURG, membre d’honneur du WWF, et des
principaux des bailleurs de fonds.
Le Sommet de Yaoundé avait pour but d’examiner les problèmes liés
à la conservation et à la gestion durable des écosystèmes forestiers
d’Afrique Centrale. Il a réaffirmé le principe politique soutenu par
les gouvernements des pays de la sous-région sur la question de la
forêt, à savoir la nécessité
« de concilier les impératifs de
développement économique et social avec la conservation des écosystèmes
forestiers, dans le cadre d’une coopération sous-régionale et
internationale bien comprise ». Parmi les recommandations importantes
adoptées au cours de cette conférence, on peut souligner :
- L’adoption des politiques nationales harmonisées en matière de
forêts, l’accélération de la mise en place des instruments
d’aménagement, notamment des systèmes de certification harmonisés,
reconnus internationalement, agréés par les Etats, ainsi que le
développement des ressources humaines pour leur mise en œuvre ;
- Le renforcement des actions visant à accroître la participation
active des populations rurales dans la planification et la gestion
durable des écosystèmes et la création des espaces suffisants pour leur
développement économique, social et culturel ;
- La mise en place des mécanismes durables de financement du
développement forestier à partir des revenus générés par l’activité
forestière ;
- L'implication des opérateurs économiques dans le processus de gestion durable et de conservation des écosystèmes forestiers ;
- La promotion et l'accélération du processus d’industrialisation
du secteur forestier et le développement des mécanismes adéquats de
financement du secteur privé en vue de maximiser la valeur ajoutée et
de créer les emplois nouveaux et valorisants, tout en veillant à
l’utilisation durable des ressources forestières ;
- L'accélération du processus de création des Aires Protégées
transfrontalières et le renforcement de la gestion durable des Aires
protégées existantes.
Le sommet des Chefs d’Etats d’Afrique Centrale a abouti à une
déclaration dite «
La Déclaration de Yaoundé » et à la mise en place de
la Conférence des ministres en charge des forêts d'Afrique Centrale
(COMIFAC). Il est à noter que cette
Déclaration a reçu le soutien des Nations Unies, à travers la
résolution 54/214 de l'Assemblée générale invitant la Communauté
internationale à appuyer la mise en oeuvre des résolutions contenues
dans cette Déclaration