Le Sommet de Brazzaville intervient six ans après celui de Yaoundé, à
l'issue duquel les Chefs d'Etat avaient signé une importante
déclaration (la Déclaration de Yaoundé), qui soulignaient leur
engagement en faveur d'une gestion durable des ressources forestières
du Bassin Congo, deuxième massif de forêts denses et humides après
l'Amazonie, et important réservoir de biodiversité.
L'objectif du
Sommet de Brazzaville était de procéder à un bilan diagnostic de
l’évolution globale du secteur forêt, afin d’évaluer le chemin parcouru
depuis Yaoundé, de cibler les nouveaux défis et de dégager les
propositions et les mesures concrètes en vue de libérer toutes les
facilités requises qui permettent d’engager l'Afrique Centrale vers une
coopération sous-régionale solide et bien comprise en matière des
forêts.
Parmi les dossiers présentés aux Chefs de l'Etat figuraient le Traité
sur les forêts d'Afrique Centrale, adopté en septembre 2004 par les
ministres en charge des forêts, et le Plan de convergence, plate-forme
sous-régionale pour l'ensemble des interventions pour la conservation
et la gestion durable des forêts.
Au cours de la cérémonie d'ouverture, le Président camerounais, Paul
Biya, a fait un discours bilan du chemin parcouru depuis le Sommet de
Yaoundé. Il s'est félicité des efforts accomplis, à travers notamment
la mise en place de Commission des forêts d'Afrique Centrale (Comifac)
et l'adoption d'un Plan de convergence. Il a appelé à un soutien plus
accru de la communauté internationale, car a t-il souligné, force est
de constater que des trois grands blocs forestiers mondiaux, le Bassin
du Congo est celui qui reçoit le moins de flux financiers. Le Président
gabonais, Omar Bongo, a interpellé la communauté internationale pour
qu'elle se penche sur des mesures de compensation qui permettraient de
limiter l’impact économique et social de de la conservation. A ce
sujet, il a lancé l'idée « d'échanges dette contre nature". Le
Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a
annoncé la tenue à Kinshasa, en septembre 2005, de la première
conférence internationale sur la sauvegarde des grands singes. Le
Président français, Jacques Chirac, a pour sa part, affirmé que les
forêts primaires tropicales, qui abritent plus de la moitié des espèces
terrestres, occupent une place primordiale et méritent donc une
vigilance toute particulière. Il s'est engagé à prendre le relais des
Etats-Unis dans la facilitation du Partenariat pour les forêts du
Bassin du Congo avec la même efficacité.
Aux termes de leurs travaux, les Chefs d'Etat ont adopté une
Déclaration. Ils ont signé le Traité relatif à la conservation et la
gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique Centrale et adopté
le Plan de convergence.