Le téléphone portable comme le tabac ...

Permalink18.06.08 08:45:06, par François Ossama, 956 mots, 42 vues, Catégories: Ecologie
Une vingtaine de scientifiques internationaux (notamment des cancérologues) ont signé un appel invitant les utilisateurs de téléphones portables à la prudence, en s'inquiétant notamment des risques d'usage intensif de ces appareils sur le tissu cérébral. Car, selon eux, l'exposition à long terme à nos portables favoriserait l'apparition de cancers. L'appel va loin en décommandant complètement l'utilisation du portable aux enfants de moins de 12 ans.

L'appel des cancérologues alimentera sans doute davantage la controverse sur la question des dangers du portable (et d'une manière générale des réseaux électromagnétiques comme le wifi aussi) pour la santé humaine. Notons par exemple qu'un rapport de l'OMS de 2005 souligne que « les études épidémiologiques n'ont pas permis d'établir de manière convaincante un lien entre l'utilisation du téléphone portable et un risque accru de cancer ou d'autre maladie ». On est donc encore loin d'un consensus scientifique.

Mais cette controverse rappelle à bien des égards celle sur le tabac qui a duré plus d'un quart de siècle, nourrie par des avis et des études donc la plupart furent loin d'être scientifiquement honnêtes (comme l'on montré plus tard de nombreux documentaires et films), du fait des lourds enjeux financiers pour les firmes de tabac. Il aura fallu des dizaines d'années et des millions de morts et de malades pour admettre une évidence qui aurait pu (et dû) être établie dès les années 70 : le tabac tue !
 
Si je devais donc ajouter quelques mots à l'appel des scientifiques, j'inviterai les dirigeants nationaux et internationaux à éviter de reproduire les errements de nos sociétés face au tabac  :
  • en mettant tout en oeuvre pour que les chercheurs puissent parvenir le plus rapidement possible à consensus scientifique sur l'impact des téléphones portables sur la santé humaine ;
  • et surtout, en garantissant absolument l'indépendance des recherches, car on pointe déjà du doigt une corrélation plutôt problématique entre les résultats de certaines études et leurs sources de financements. C'est ainsi qu'une équipe de chercheurs suisses de l'université de Berne a montré, en 2007, que les résultats des recherches sur l'effet biologique des téléphones portables sont biaisés par leurs financements ; « les études qui ont été financées par les industriels (20 % du total), ont tendance à montrer que les radiofréquences n'ont pas d'effets biologiques sur l'homme, tandis que celles qui ont été financées par des fonds publics (19 % du total) ont tendance à en trouver ».  (rapporté dans le journal le Figaro du 22 janvier 2007).
En attendant la fin de la controverse, n'oublions pas le principe de précaution adopté lors du Sommet de la Terre de RIO en 1992 : l'absence de consensus scientifique ne devrait pas empêcher l'adoption de mesures visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles. Dans cet esprit, adoptez les recommandations suivantes formulées par les auteurs de l'appel :
 
1. N’autorisez pas les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d’urgence. En effet, les organes en développement (du foetus ou de l’enfant) sont les plus sensibles à l’influence possible de l’exposition aux champs électromagnétiques.
2. Lors de vos communications, essayez autant que possible de maintenir le téléphone à plus d’1 m du corps (l’amplitude du champ baisse de quatre fois à 10 cm, et elle est cinquante fois inférieure à 1 m de distance).
 Dès que possible, utilisez le mode « haut-parleur », ou un kit mains libres équipé d’un tube à air dans ses derniers 20 cm qui semble moins conduire les ondes électromagnétiques qu’un kit mains libres filliaire traditionnel, ou une oreillette bluetooth (moins d’1/100e de l’émission électromagnétique du téléphone en moyenne).
3. Restez à plus d’un mètre de distance d’une personne en communication, et évitez d’utiliser votre téléphone portable dans des lieux publics comme le métro, le train ou le bus où vous exposez passivement vos voisins proches au champ électromagnétique de votre appareil.
4. Evitez le plus possible de porter un téléphone mobile sur vous, même en veille. Ne pas le laisser à proximité de votre corps la nuit (sous l’oreiller ou sur la table de nuit) et particulièrement dans le cas des femmes enceintes – ou alors le mettre en mode « avion » ou « hors ligne/off line » qui a l’effet de couper les émissions électromagnétiques.
5. Si vous devez le porter sur vous, assurez vous que la face « clavier » soit dirigée vers votre corps et la face « antenne » (puissance maximale du champ) vers l’extérieur.
6. N’utilisez votre téléphone portable que pour établir le contact ou pour des conversations de quelques minutes seulement (les effets biologiques sont directement liés à la durée d’exposition). Il est préférable de rappeler ensuite d’un téléphone fixe filaire (et non d’un téléphone sans fil --DECT-- qui utilise une technologie à micro-ondes apparentée à celle des portables).
7. Quand vous utilisez votre téléphone portable, changez de côté régulièrement, et avant de mettre le téléphone portable contre l’oreille, attendez que votre correspondant ait décroché (baisse de la puissance du champ électromagnétique émis).
8. Evitez d’utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides comme en voiture ou en train (augmentation maximale et automatique de la puissance lors des tentatives de raccordement à une nouvelle antenne relais ou à une antenne distante)
9. Communiquez par SMS plutôt que par téléphone (limite la durée d’exposition et la proximité du corps).
10. Choisissez un appareil avec le DAS le plus bas possible par rapport à vos besoins (le « Débit d’Absorption Spécifique » mesure la puissance absorbée par le corps). Un classement des DAS des téléphones contemporains des différents fabricants est disponible sur www.guerir.fr et d’autres sites internet.
PermalinkPermalienLaisser un commentaireTrackback (0)
Recommandez/Notez cet article
  • Currently 3.01/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • i

Note: 3.0/5 (117 votes )

7e édition du classement « Pour une high-tech responsable »

Permalink25.03.08 21:08:28, par François Ossama, 260 mots, 167 vues, Catégories: Ecologie
Greenpeace a publié la 7e édition de son classement « Pour une high-tech responsable ». Ce classement apprécie le respect des exigences et normes environnementales par les entreprises de haute technologie, en évaluant des aspects tels que la présence dans les produits, des substances dangereuses pour l’environnement et la santé humaine (Polychlorure de vinyle -PVC, retardateurs de flamme bromés - RFB, etc.), l’implication dans le recyclage, la transparence et les informations aux consommateurs. Cette année, les bons élèves viennent d’Asie avec Samsung et Toshiba qui prennent les deux premières places. Plusieurs entreprises, mises à l’index dans les éditions précédentes, améliorent leur classement. C’est le cas d’Apple qui, selon le Guide de Greenpeace, s’est engagée à éliminer tous les usages de PVC et de RFB d’ici fin 2008, et fournit plusieurs exemples de substances additionnelles dont l’élimination est planifiée, comme l’arsenic des écrans LCD et le mercure.

Rappelons que les produits high-tech que nous utilisons quotidiennement (téléphones portables, ordinateurs, etc.) sont constitués de composants électroniques fabriqués à partir de nombreuses substances chimiques dangereuses pour l’environnement et pour la santé humaine. Ils posent de véritables enjeux d’élimination et de recyclage en particulier dans les pays en développement comme la Chine, l’Inde, le Nigéria, véritables dépotoirs des déchets électroniques (Lire à ce sujet l’article “Les e-déchets : le détour de l’Afrique ”).

Cette année, Greenpeace donne les estimations de Gartner selon lesquelles les TIC sont responsables d’environ 2% des émissions mondiales de CO2, un chiffre équivalent à celui de l’aéronautique.
 
Téléchargez le Guide
PermalinkPermalienLaisser un commentaireTrackback (0)
Recommandez/Notez cet article
  • Currently 3.04/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • i

Note: 3.0/5 (689 votes )

Arthur Clarke : une part de réalité de demain dans la fiction d’aujourd’hui

Permalink 21:03:13, par François Ossama, 475 mots, 141 vues, Catégories: Général
Arthur Clark, célèbre auteur anglais de science-fiction s’est éteint le 19 mars dernier à 90 ans. Son livre à succès “2001, l’odyssée de l’espace” est le premier ouvrage que j’ai eu le bonheur de lire, qui posait la question de la relation entre l’homme et des machines dotées d’intelligence et de “conscience propre”. Le roman raconte l’histoire d’un ordinateur (Hal) qui décide de prendre le contrôle d’une mission spatiale parce qu’il estime que les hommes à bord ne sont plus aptes à la conduire. Il entreprend même de les éliminer de peur qu’ils ne compromettent cette mission. S’en suit alors dans l’immensité de l’espace sidéral un jeu de dissimulation et d’hypocrisie et une véritable traque entre Hal et les spationautes, dont un prendra le dessus après que l’ordinateur eût éliminé ceux qui étaient encore en hibernation. Ce livre m’avait inspiré une réflexion écrite en 1999 que je vous propose de lire ici (Réflexion sur l’intelligence artificielle) .

Un grand nombre d’ouvrages et de films (comme les plus récents, AI de Spilberg et I-robots) ont paru dans le prolongement de “2001, l’odyssée de l’espace”, montrant bien l’intérêt que suscite la question de savoir quelle serait l’attitude et le comportement des sociétés humaines devant des machines intelligentes, et inversement peuvent-elles échapper à l’homme, leur créateur, et finir par avoir une forme de conscience d’elles-mêmes au point de revendiquer leur liberté comme “Le robot qui rêvait” d’Isaac Asimov ou dans le pire des cas tenter d’éradiquer l’espèce humaine comme les machines de “Terminator” ? (J’avoue cependant ne pas beaucoup partager le pessimisme et la peur de l’ordinateur intelligent qu’inspirent la plupart ces œuvres). Je ne sais si tout cela restera de la fiction. Quoi qu’il en soit le débat sur l’intelligence artificielle demeure fort complexe, oscillant entre ses dimensions philosophique, cognitive et technologique. L’une des premières difficultés de consensus étant la définition même de ce qu’est l’intelligence (au moment où de plus en plus d’études scientifiques montrent des facultés surprenantes, inattendues ou du moins jamais observées jusqu’ici chez certains animaux). Une autre question plus technologique étant de savoir si la puissance de calcul (qui a permis à l’ordinateur d’IBM Deeper Blue de battre le champion du monde Kasparov au jeu des échecs - Lire à ce sujet l’article “Vivement le futur. Jusqu’où iriez-vous ? ) est la porte de l’intelligence ?

Je voudrais rendre ici un vibrant hommage à Arthur Clarke, celui qui a inventé le concept de satellite géostationnaire dans ses œuvres de science-fiction, ce qui nous confirme que la fiction d’aujourd’hui c’est une part de réalité de demain.

La Fondation Arthur Clarke
Une vidéo de Arthur Clarke disponible gratuitement sur Youtube.
PermalinkPermalienLaisser un commentaireTrackback (0)
Recommandez/Notez cet article
  • Currently 3.00/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • i

Note: 3.0/5 (708 votes )

Rascom enfin !

Permalink23.12.07 18:40:56, par François Ossama, 335 mots, 213 vues, Catégories: TIC

Plus de 15 ans après son initiation, le projet de premier satellite de télécommunications panafricain (RASCOM) connait enfin un heureux aboutissement. Vendredi 21 décembre dernier, ce premier satellite panafricain a été mis en orbite avec succès par la fusée Ariane. Les 45 pays africains qui ont participé à sa mise en place et à son financement verront leurs services de téléphonie fixe, de diffusion de télévision directe et d’accès Internet étendus, en particulier dans les zones rurales. Grandes oubliées de la révolution mondiale des TIC, la plupart des ces zones peinent encore à avoir simplement accès aux chaines nationales de radio ou de télévision. L’exploitation de ce premier satellite (d’autres sont prévus) commencera au premier trimestre 2008 avec l’installation de centres de contrôle au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Libye et en Gambie.

Au delà de la fierté de disposer d’un satellite (indépendance technologique) même sur le tard par rapport à d’autres pays ou régions (mais vaut mieux tard que jamais), rappelons que l’impact économique de ce projet est considérable : l’utilisation de ce satellite permettra aux pays africains d’économiser pas moins de 500 millions de dollars par an, montant qu’ils versaient aux opérateurs étrangers pour le transit de leurs communications, y compris les trafics nationaux et régionaux. Le lancement de Rascom rompt aussi avec le fait qu’en matière de TIC en Afrique, en une dizaine d’années, on a tellement discouru (innombrables colloques, conférences internationales et nationales, discours officiels, etc.) qu’agit effectivement qu’on désespérait de voir se réaliser des projets structurants de grande envergure, permettant de développer concrètement ces technologies.

Une bonne nouvelle donc en cette fin d’année, qui entretient sans doute l’espoir de voir enfin le continent s’approprier ces technologies et les mettre au service du développement économique, social et culturel.

PermalinkPermalienLaisser un commentaireTrackback (0)
Recommandez/Notez cet article
  • Currently 3.04/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • i

Note: 3.0/5 (963 votes )

Le coltan du sang (« Blood coltran »)

Permalink17.12.07 20:21:06, par François Ossama, 560 mots, 349 vues, Catégories: Général

Pour réaliser certains composants électroniques utilisés dans la fabrication des téléphones portables, des ordinateurs, des caméras vidéos mais aussi des systèmes hautement spécialisés comme les satellites et les réacteurs, on utilise un minerai plutôt rare et précieux (ce qui lui vaut le nom d’or gris) : le coltan. Pour certains de ces produits technologiques il n’existe pas d’alternative au tantale extrait du coltan, en particulier pour les appareils de communication sans fil en plein essor. Un reportage de Radio-Canada rapporte qu’en 2000 une pénurie mondiale de tantale empêcha la firme japonaise Sony de fabriquer sa plate-forme de jeu vidéo Play Station 2 en quantité suffisante pour satisfaire la demande.

L’Afrique, à elle seule, posséderait 80 % de ce minerai, réparti notamment dans la zone des grands lacs (les deux Congo – d’où viendrait d’ailleurs le mot coltan - ayant plus de ¾ des réserves africaines). L’Europe et les Etats-Unis principaux consommateurs du coltan n’en détiennent (contrairement au pétrole ou au gaz) aucune réserve. Le rôle clé du coltan dans les secteurs économiques les plus florissants au monde depuis une quinzaine d’années, qui génèrent des chiffres d’affaires astronomiques (des centaines de milliards de dollars par an), aurait donc pu permettre aux pays africains producteurs de peser sur les marchés parmi les plus stratégiques et juteux de planète et de disposer d’une source de revenus importante pour leurs économies. Mais comme toujours en Afrique, ce minerai sème plus de désolation que de valeur ajoutée économique et sociale.

Une enquête diffusée récemment sur Canal + s’est intéressée à la production et au commerce du coltan au Congo (RDC). Elle montre que l’exploitation, faite de manière artisanale, emploie des adolescents qui travaillent sans aucune sécurité, alors que le minerai est radioactif (il contient l’uranium à petites doses). De plus, elle se fait essentiellement dans les zones de guerre, en particulier celles tenues par les rebelles. Ces derniers sont les véritables bénéficiaires de l’envolée des prix du coltan au cours de ces dernières années, consécutive à l’explosion de la téléphonie mobile (plus de 3 milliards de mobiles fonctionneraient dans le monde). Ce qui, comme les diamants du Libéra, leur permet de financer la guerre, une guerre qui dure depuis une dizaine d’années et qui a causé la mort de plus de trois millions de personnes, des atrocités qualifiées de véritables crimes contre l’humanité, la dévastation des écosystèmes forestiers et certains animaux comme les gorilles. Pour certains analystes, le coltan serait l’un des enjeux de la régionalisation du conflit du Congo avec l’implication des pays comme le Rwanda et l’Ouganda.

Vivement que des mécanismes internationaux effectifs se mettent en place pour contrôler la production et la commercialisation du coltan au Congo, que « nous touchons » d’une certaine manière à travers nos portables ou nos ordinateurs, afin qu’il ne devienne pas le « coltan du sang » comme les « diamants du sang » (« blood diamonds ») du Liberia et de la Sierra Léone ! Et que quelques uns d’entre nous, acquéreurs ou utilisateurs de téléphones mobiles, ne se sentent pas indirectement complices du commerce d’un minerai qui finance encore la mort au Congo.

Lire l’excellence enquête « La route commerciale du coltan congolais : une enquête » du GRAMA (Groupe de recherche sur les activités minières en Afrique) : http://www.unites.uqam.ca/grama/pdf/Martineau_coltan.pdf

PermalinkPermalien1 commentaireTrackback (0)
Recommandez/Notez cet article
  • Currently 3.08/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • i

Note: 3.1/5 (985 votes )

Crimes contre l'environnement : la loi est dure mais il faut l'appliquer

Permalink29.06.07 23:31:37, par François Ossama, 652 mots, 919 vues, Catégories: Ecologie

J'ai participé, au cours de ces dernières semaines, dans le cadre du Réseau d'Information pour le Développement Durable en Afrique Centrale (RIDDAC), à l'élaboration et la publication d'un recueil de textes juridiques sur les forêts et l'environnement au Cameroun. Cet ouvrage, qui a été présenté le 28 juin dernier au Centre Culturel Français de Yaoundé, est une compilation des lois, décrets, arrêtés et décisions ministérielles pris depuis une dizaine d'années pour réglementer la gestion des écosystèmes forestiers, la biodiversité et l'environnement au Cameroun.

Un des aspects de ces lois qui m'a singulièrement frappé est le régime de sanctions particulièrement sévères qu'elles prévoient contre les auteurs des atteintes à l'environnement et des pratiques d'exploitation frauduleuse et abusive des ressources naturelles. Dans la plupart des cas, ils sont passibles de peines privatives de liberté et/ou des amendes qui vont à des dizaines de millions de FCFA. Tenez par exemple : « Est punie d'une amende de cinquante millions à cinq cent millions de FCFA et d'une peine d'emprisonnement à perpétuité, toute personne qui introduit des déchets toxiques et/ou dangereux sur le territoire camerounais » ; ou encore : « Est punie d'une amende d'un million à cinq millions de FCFA et d'une peine d'emprisonnement de six mois à un an ou de l'une de ces deux peines seulement, toute personne qui pollue, dégrade les sols et sous-sols, altère la qualité de l'air ou des eaux, en infraction aux dispositions de la loi sur l'environnement. En cas de récidive, le montant maximal des peines est doublé ».

N'ayant jamais lu ces textes de lois jusqu'ici (bien que militant depuis une dizaine pour la cause écologique, c'est-à-dire environ l'âge qu'ont ces lois), j'ai été surpris, de lire que l'on peut faire de la prison à vie en portant atteinte à l'environnement au Cameroun ! Ceux à qui j'en ai parlé autour de moi (y compris des membres des ONG et des associations environnementales) se montraient encore plus interloqués.

Je me réjouis naturellement du fait que le législateur ait accordé aux atteintes à l'environnement les mêmes réponses pénales et civiles que les crimes les plus crapuleux. Seulement en poussant mes recherches plus loin je me suis rendu compte qu'aucune sanction de ce type n'a jamais été prise par une juridiction camerounaise. Pourtant, des villes comme Douala ont souvent servi de dépotoir des déchets toxiques introduits sur le territoire en violation de la loi ; dans cette même ville, des usines (brasseries, savonneries, sucreries, etc.) polluent sans êtres inquiétées. Un exemple récent : en 2005, 5.600 litres de chlore avaient été abandonnés dans un village de la banlieue de Douala. Pour s'en débarrasser, les autorités avaient choisi de dissoudre le chlore en mer mais l'opération a viré au drame: un soldat a été tué et une dizaine d'autres blessés lors d'une explosion accidentelle. Aucune poursuite judiciaire ne fut engagée.

On peut donc déplorer la non-application des lois forestières et environnementales censées être des instruments fondamentaux pour lutter contre la surexploitation actuelle des ressources naturelles et les pollutions et autres dégradations de l'environnement. D'où l'appel à des mesures politiques et institutionnelles pour que la loi soit appliquée.

De manière générale et plus globale, ce type de difficultés illustre bien le décalage qu'il y a aujourd'hui entre le discours politique national et international, les engagements que la communauté internationale ne cesse de prendre depuis au moins 35 ans avec la Conférence de Stockholm de 1972 (traités, conventions, déclarations, législations nationales, etc.) et les réalités sur le terrain qui n'évoluent pas beaucoup. Les lois nationales, les traites et conventions internationales n'ont de sens et d'intérêt pour la société que si elles peuvent apporter des réponses concrètes à des crises comme celle vers laquelle l'humanité fonce à grande vitesse.

PermalinkPermalienLaisser un commentaireTrackback (0)
Recommandez/Notez cet article
  • Currently 3.00/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • i

Note: 3.0/5 (1756 votes )

L'ordinateur à 10 dollars : réduire les coûts pour quel usage ?

Permalink25.06.07 12:26:54, par François Ossama, 693 mots, 399 vues, Catégories: TIC
La fracture numérique suscite ces dernières années des initiatives technologiques et commerciales généreuses qui ambitionnent de réduire le coût de l'ordinateur afin de le mettre à la portée des plus pauvres. Après le PC à 100 dollars de Nicholas Négroponte du MIT, soutenu par des entreprises comme AMD (processeurs), Red Hat ou Google, le ministère indien des ressources humaines vient d'annoncer qu'il mettra à la disposition des élèves, d'ici deux ans, un PC à 10 dollars ! Si les caractéristiques et les performances de ces ordinateurs se sont pas encore détaillées, ses concepteurs, plus optimistes que certains analystes qui doutent d'une réduction aussi importante des coûts en l'état actuel des technologies, estiment qu'ils seront pleinement fonctionnels. Le projet indien rejoint ceux d'Intel et de Microsoft qui ont aussi décidé de faire un geste en faveur des plus pauvres : en avril dernier, Bill Gates, le patron du leader mondial des logiciels, annonçait qu'il allait vendre à trois dollars seulement un pack constitué d'une version allégée de Windows et d'autres logiciels dans les pays en voie de développement (offre baptisée "Microsoft Student Innovation Suite") ; Intel annonce un PC autour de 175 dollars. Bien évidement, ces initiatives, qui ont, pour certaines, plus ou moins des arrières pensées commerciales, ne doivent pas faire oublier la gratuité complète (0 dollars !) de nombreux logiciels libres dont Ubuntu (et sa suite éducative EduUbuntu) ; ces logiciels que j'ai adoptés depuis près de deux ans peuvent permettre de réduire considérablement les coûts d'informatisation dans les pays pauvres.

Pour revenir aux PC à 10 ou 100 dollars, j'ai eu l'opportunité d'assister à une présentation par Nicholas Négroponte de son projet « un ordinateur portable pour un enfant - One Laptop Per Child (OLPC) », au cours d'une conférence à l'Unesco à Paris il y a quelques années. Je n'ai pas partagé l'engouement que cette initiative a suscité, même si je salue la philosophie qui la sous-tend (réduire la fracture numérique). Je reste aujourd'hui encore réservé et plutôt sceptique quant à ses chances de s'imposer sur les marchés des pays visés.

Car, les projets de PC à 10 ou 100 dollars, bien que construits autour de la vision généreuse de répondre à la difficulté d'accès aux TIC dans les pays pauvres, comportent à terme des limites, dès lors que l'on pose les enjeux de ces technologies en terme de maîtrise et d'appropriation des usages sociopolitiques, économiques et culturels qui seront probablement structurants pour les organisations et les individus : e-learning, réseaux sociaux, commerce électronique, etc. Or, il ne faut pas perdre de vue que l'accès à certains de ces usages ou applications peut être conditionné par les capacités des outils utilisés. Par exemple pour lire convenablement des fichiers vidéos (qui peuvent être des supports de cours d'une formation à distance) il faut une machine avec des caractéristiques multimédias. Aussi, la question quel accès pour quels usages devient essentielle. Elle est d'autant plus importante que les besoins en performances matérielles des applications informatiques sont sans cesse croissants. Dans le cas des PC à 100 ou à 10 dollars, c'est en bridant les performances des PC que l'on parvient à une réduction importante des coûts : le laptop à 100 dollars est doté d'un processeur à 512 Mhz - soit le ¼ de la puissance actuelle des ordinateurs personnels et 256 Mo de RAM ; le disque dur est inexistant et est plutôt remplacé par une mémoire flash de 1 Go. Cette offre technologique limitée (en décalage avec l'évolution croissante des performances des matériels et logiciels informatiques) résout par conséquent le problème de l'accès sans garantir l'utilisation de nombreuses applications sociales, économiques ou culturelles qui émergent sur Internet ; les plates-formes éducatives, les applications du Web 2.0, les outils comme Myspace, Second Life, Google Maps, etc. qui combinent la vidéo, le son, les images de synthèse et demandent plus de puissance aux ordinateurs clients. La question qu'il faudrait se poser est de savoir si ces offres à très bas prix permettront d'utiliser ce type d'application. Sinon, ne risque t-on pas de substituer une fracture (l'accès) par une autre (les usages) ?
PermalinkPermalienLaisser un commentaireTrackback (0)
Recommandez/Notez cet article
  • Currently 2.99/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • i

Note: 3.0/5 (1795 votes )

Délestages : Les TIC sans électricité ?

Permalink09.05.07 18:40:46, par François Ossama, 784 mots, 513 vues, Catégories: TIC

Yaoundé, la capitale du Cameroun, vit à nouveau des délestages électriques. Pour faire simple, ces délestages sont la conséquence directe du déficit de l'offre de l'énergie dont souffre le pays depuis quelques années, faute d'avoir anticipé la demande (dont la croissance était pourtant prévisible à cause des facteurs tels que la poussée démographique) ou d'avoir diversifié les sources de production de l'électricité, en misant par exemple sur les énergies renouvelables comme le solaire (soulignons qu'avec une moyenne d'ensoleillement doublement supérieure à celle de nombreuses régions dans le monde, l'Afrique est le continent le mieux dotée pour tirer parti de l'énergie solaire). Ce déficit conduit donc la société nationale d'électricité à rationaliser la distribution. Résultat, des quartiers entiers de la ville se retrouvent privés d'électricité durant des heures et presque quotidiennement pour certains d'entre eux. Mais ce rationnement de l'énergie électrique ne se limite plus à la ville de Yaoundé : il touche aujourd'hui de nombreuses autres grandes villes d'Afrique subsaharienne (Dakar, Cotonou, Conakry, Douala, Accra, etc.) et est encore plus systématique dans les villes secondaires. Ainsi, comme des millions d'autres citadins africains, je broie du noir (hier la coupure à durée de 13h à 01h du matin !) et j'ai d'autant plus de mal à supporter cette situation qu'utilisant essentiellement l'ordinateur comme outil de travail, mon rythme de travail s'en trouve considérablement affecté. Aux coupures s'ajoutent d'ailleurs d'autres perturbations comme les surtensions qui m'ont déjà coûté un onduleur.

Parlant justement de l'ordinateur, lorsqu'on s'ennuie fiévreusement, non sans pester contre « le système », à regarder son outil de travail éteint durant des heures à cause du rationnement de l'électricité, lorsque des sites web que l'on héberge se retrouvent régulièrement indisponibles faute de courant électrique, on mesure mieux cette assertion qui va pourtant de soi : les TIC ne marchent pas sans électricité ! Mais si cela paraît tellement évident que l'on finit même par l'oublier dans les pays développés où ces problèmes ont été réglés (au moins pour ce qui concerne la satisfaction quantitative de la demande) depuis un ou deux siècles, il est surprenant de constater que les politiques TIC en Afrique effleurent à peine les facteurs sociopolitiques et culturels ainsi que les conditions technologiques de base et structurantes qu'il faut maîtriser au préalable, pour amorcer un développement réel et non en trompe l'oeil de ces nouvelles technologies. J'ai été presque stupéfait de constater que le problème de l'énergie n'apparaissait nulle part dans le Plan d'action de Génève et l'Agenda de Tunis sur la société de l'information qui se focalisent pourtant sur les pays du Sud. Or ce Plan parle de connecter des villages en Afrique, de créer des télécentres communautaires dans les zones rurales, alors que dans la capitale d'un pays comme le Cameroun, je dois croiser les doigts à longueur de journée pour qu'une coupure de courant électrique ne viennent pas me déconnecter d'Internet !

On n'a jamais parlé de la « fracture énergétique » entre le Nord et le Sud avec autant de ferveur que de la « fracture numérique ». Il n' y a pas eu dans l'histoire des Nations unies un Sommet mondial sur l'energie, à la dimension des deux (!) consacrés à la société de l'information à Génève (2003) et à Tunis (2005). Pourtant cette fracture énergétique est toujours là, deux siècles après la mise en place des premiers réseaux de distribution de l'électricité au Nord ! Loin de moi l'idée de considérer que nous devons attendre de maîtriser l'infrastructure énergétique avant d'amorcer le développement des TIC. Cependant, il n'existe pas de saut technologique possible entre l'électricité et l'informatique et Internet. Ces dernières technologies sont totalement dépendantes de la première qui doit être maîtrisée en amont, sans aucune alternative possible. Je n'hésite donc pas à dire que la question de l'énergie est prioritaire par rapport à celle des TIC et que cela devait se traduire dans la programmation des ressources propres ou extérieures des pays par une affectation plus importante des moyens disponibles au développement quantitatif et qualitatif de l'offre, au détriment des TIC si nécessaire. Car, c'est même un préalable au développement des TIC en Afrique.

PermalinkPermalienLaisser un commentaireTrackback (0)
Recommandez/Notez cet article
  • Currently 2.99/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • i

Note: 3.0/5 (1856 votes )

Nos ordinateurs ont un coût écologique

Permalink02.05.07 17:35:29, par François Ossama, 880 mots, 491 vues, Catégories: Ecologie

Est-il besoin de faire un discours sur l'utilité de l'ordinateur en 2007 ? Peut être pour insister sur son utilité socioculturelle ou politique, le formidable moyen d'expression qu'il représente désormais pour chacun d'entre nous, le contre-pouvoir qu'il n'est plus que potentiellement, mais de plus en plus effectivement face aux médias traditionnels. Le petit citoyen du monde que je suis, vivant dans un pays qui ne compte pas grand-chose sur la scène internationale a, avec ce blog, la chance extraordinaire de parler en toute liberté et autant qu'il est inspiré à des milliers de gens de nombreux pays (si je m'en tiens aux statistiques de connexion), qui peuvent eux aussi prendre la parole ici en réagissant (commentaires). Je n'aurai probablement jamais eu cette opportunité sans cet ordinateur connecté à Internet.

J'aurai également aimé m'arrêter sur cette note optimiste, mais à la suite de la publication, début avril, du Guide pour une high-tech responsable de Greenpeace, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que, malgré tout ce qu'il a apporté aux sociétés humaines, en moins de 75 ans seulement d'existence, l'ordinateur, n'échappe pas à cette sorte de fatalité qui veut que même nos intentions et actions les plus généreuses, qui ont inspiré découvertes et inventions décisives pour l'humanité, aient leur revers. Le « revers écologique » de l'ordinateur, son coût environnemental, a été rappelé il y a quelques années dans un ouvrage de référence « Computer and the environment : Understanding and managing their impacts » de deux chercheurs, Eric Williams et Ruediger Kuehr, de l'université des Nations unies. Cet ouvrage nous apprend qu'un ordinateur standard de 24 kg a nécessité 1,8 tonne de matériaux dont 240 kg d'énergie fossile (ce qui correspond à 312 litres de pétrole environ et représente 10 fois le poids de l'ordinateur), 22 kg de produits chimiques et 1500 litres d'eau (soit près d'un semestre de consommation d'eau d'un éthiopien). En combinant le coût énergétique de leur fabrication à celui d'une durée d'utilisation moyenne de trois ans, les deux chercheurs arrivent à la conclusion que l'ensemble des ordinateurs du monde consomment autant d'électricité que le Brésil et ses 190 millions d'habitants. A cela s'ajoutent la pollution due aux substances chimiques comme le mercure ou le plomb utilisées pour la fabrication des composants, ainsi que les risques sanitaires liés à ces substances.

Les constructeurs de matériels ont une responsabilité de premier ordre dans la gestion de ce problème, car, à terme, les réponses à mettre en oeuvre et les efforts à réaliser pour le résoudre sont d'ordre technologique, industriel et commercial. Ils vont de l'élimination de certains matériaux toxiques dans la fabrication des composants (dépollution à la source ou éco-conception) à la mise en place de services de reprise et de recyclage dans les pays où sont commercialisés les matériels informatiques. C'est ce qui a conduit Greenpeace à publier annuellement un classement des entreprises de la High-tech qui note les bons et les mauvais élèves en matière écologique. Indexé en cette année, Apple est accusé par l'ONG internationale de manquer de transparence dans sa politique d'utilisation des substances toxiques et de gestion des déchets.

Cependant, même si les constructeurs sont interpellés au premier chef (évidement les gouvernements aussi qui doivent élaborer les normes et les faire appliquer), n'oublions pas que nous sommes tous, chacun dans espace personnel, dans « sa part du monde », partie prenante dans la résolution de la crise écologique majeure qui menace notre planète et la vie. Renversons la célèbre métaphore de l'effet papillon (le battement d'ailes d'un papillon au Brésil qui provoque une tornade au Japon) pour dire que les gestes écologiques simples que nous pouvons faire dans notre environnement immédiat valent leur pesant d'or dans la préservation ou la réparation de l'environnement mondial. Ne les sous-estimons pas ! Pour les utilisateurs d'ordinateurs, il y a des gestes, des habitudes pouvant contribuer à réduire les effets nocifs de l'ordinateur sur l'environnement. Je vous invite à adopter ces quelques gestes que j'ai recencés sur Internet.

  • Acheter des matériels (ordinateurs, scanners, imprimantes, etc.) dotés d'économiseurs d'énergie (notamment ceux labelisés « Energy Star » ou TCO) ; ils réduisent la consommation de l'énergie de plus de 20%.
  • Préférer les écrans plats à cristaux liquides qui consomment 60 % d'énergie en moins que les écrans à tube cathodique.
  • Eteindre et débrancher systématiquement l'ordinateur lorsqu'on arrête de travailler car, certains appareils électroniques même éteints continuent à consommer de l'énergie s'ils sont maintenus branchés.
  • Mettre l'ordinateur en veille prolongée lorsqu'on ne travaille pas pendant une dizaine de minutes.
  • Conserver les appareils le plus longtemps possible, en augmentant si nécessaire leurs capacités (taille de la mémoire, du disque dur, etc.) ou faire don de ceux-ci à des associations ou à des écoles lorsque l'on voudrait acheter les plus performants
  • Passer si possible par des recycleurs pour vous débarasser des matériels en panne, cela évitera de polluer l'environnement et d'exposer des personnes qui peuvent être en contact avec les substances dangereuses des déchets issus de ces matériels.

A lire sur les gestes écologiques :

PermalinkPermalienLaisser un commentaireTrackback (0)
Recommandez/Notez cet article
  • Currently 3.00/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • i

Note: 3.0/5 (1813 votes )

Un arbre est aussi une vie...

Permalink10.04.07 17:55:28, par François Ossama, 589 mots, 427 vues, Catégories: Ecologie

En rentrant chez moi hier soir j'ai été fort irrité de trouver que mes petits frères ont décidé d'abattre un goyavier qui se trouve, avec d'autres arbres fruitiers, à l'entrée de notre maison. « Pourquoi l'avez vous abattu ?» leur ai-je demandé. « C'est parce que c'était acide (les goyaves) et on ne voyait pas à quoi ça servait »! Ce qui me frappait davantage et m'énervait tout aussi c'était de lire sur les visages la surprise devant ma réaction : tout ça pour un petit arbre semblaient t-ils dire. Alors, je leur ai demandé s'il était possible de faire pousser ce « petit arbre » en quelques minutes, c'est-à-dire le temps qu'ils ont mis pour l'abattre. Et ensuite en quoi la présence (l'existence, la vie) de ce goyavier était-il un problème pour la leur ? Bien sûr je n'ai pas eu de réponse. Or peut être aurions-nous moins d'inquiétudes aujourd'hui sur le devenir de notre planète si nos rapports avec la nature intégraient ce questionnment qui me paraît fondamental.

En effet, cette façon de ne pas mesurer la valeur des autres vies (végétales, animales, etc.) qui nous entourent et qui contribuent à maintenir la nôtre traduit bien le rapport de mépris persistant que nous entretenons avec la nature et qui nous a conduit à l'impasse actuelle. On coupe un arbre en quatre ou cinq minutes sans même se rendre compte qu'il a pris des années à grandir, à essayer de vivre aussi, qu'il joue, in fine, un rôle sans doute ingrat dans la préservation des conditions naturelles qui permettent à la vie humaine de se maintenir sur la terre. Si l'on se disait que l'arbre est aussi une vie alors peut être le couperions-nous seulement par nécessité, c'est-à-dire si c'est utile à notre vie. Et il faut dire ici que la notion de nécessité ou de besoin n'est pas aussi relative qu'on le pense, dès lors qu'on peut s'accorder sur le fait qu'il existe bel et bien au plan biologique des besoins élémentaires nécessaires à la vie, indépendamment du contexte social ou culturel. Par conséquent, si l'on adopte une attitude écologique alors il faut avant tout situer le besoin ou la nécessité sur le plan biologique. Faire rentrer ces notions dans le champ psychologique ou le contexte socioculturel comporte des risques de glissements qui sont difficiles à maîtriser.

C'est forcément plus affligeant lorsque les jeunes perpétuent ce mépris pour la nature. Peut être le font-ils aussi par ignorance. C'est pour cela que j'ai essayé une démarche pédagogique en faisant comprendre à mes jeunes frères l'importance d'un arbre, même s'il produit des fruits acides ! Je leur ai dis qu'il n'y a aucune raison d'ôter une autre vie tant que cela n'est pas nécessaire pour notre survie. Lorsque nos ancêtres tuaient un animal, ils s'inclinaient devant la dépouille et demandaient pardon en expliquant qu'ils l'ont fait par nécessité, pour s'alimenter. C'est ce respect qu'ils avaient pour la vie qui nous a permis d'hériter d'eux cette diversité de minéraux, de plantes, d'animaux dont la musicalité des interrelations maintient l'équilibre de notre planète. J'espère leur avoir fait comprendre, et peut-être aussi à d'autres jeunes qui liront ce blog qu'il faut couper un arbre (si insignifiant paraît-il) lorsque c'est nécessaire, mais mieux encore il faut en planter.

PermalinkPermalienLaisser un commentaireTrackback (0)
Recommandez/Notez cet article
  • Currently 3.01/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • i

Note: 3.0/5 (1886 votes )

« Maintenant, le G8 comprend le Brésil »… Et l'Afrique ?

Permalink30.03.07 18:17:29, par François Ossama, 510 mots, 2927 vues, Catégories: Général

Une révision du produit intérieur brut (PIB) du Brésil pour l'année 2006 montre qu'il dépasse les 1000 milliards de dollars : huitième économie mondiale avec ce chiffre, le Brésil se rapproche désormais ... de la France (en septième place) ; le ministre Brésilien des finances s'est fièrement réjoui, alors qu'il annonçait le PIB le 21 mars dernier, de ce que son pays talonnait la France. "Maintenant, le G8 comprend le Brésil" s'est-il écrié. Même si ces chiffres ne traduisent pas encore des avancées décisives par rapport aux difficultés sociales considérables dans ce pays (éducation, jeunesse, sécurité, etc.), ils montrent néanmoins qu'une dynamique d'émergence y est en cours, comme la Chine et l'Inde, et avant eux la Corée du Sud, Taiwan, Singapour, etc. Ces exemples montrent que le sous-développement n'est pas une fatalité et que malgré les injustices incontestables du système économique mondial, la marche des peuples contre la pauvreté, leur aspiration au progrès, leur rêve de bien être se transforment en réalité, dès lors qu'ils s'efforcent, eux-mêmes, d'enclencher et de maintenir de générations en générations l'effort de construction de cette réalité. Comme le disait Axelle Kabou dans son livre « Et si l'Afrique refusait le développement ? », tout peuple est en premier et en dernier ressort responsable de son histoire. Ni les chancelleries occidentales, ni la Banque mondiale et le FMI n'ont décrété à moment donné que la Chine serait en 2006 la 4e économie mondiale, que le Brésil dépasserait le Canada, que les grandes entreprises américaines ou britanniques de high-tech seraient dès la fin des années 90 à la chasse des ingénieurs indiens.

La question fondamentale, presque existentielle, qui taraude l'esprit de l'africain que je suis, c'est comment expliquer que des pays comme la Corée du Sud, qui, il y a 40 ans seulement (40 ans c'est-à-dire pas grand-chose sur l'échelle de l'histoire !), alignaient le même PIB que le Congo (ex-Zaire - un pays doté d'un potentiel naturel inouï), accordent aujourd'hui des prêts aux Etats africains pour construire des écoles, des routes et des hôpitaux ? Que ces pays souvent dépourvus de matières premières atteignent aujourd'hui le niveau de développement scientifique, technologique et économique des pays occidentaux, dont on disait vers les années 60 qu'ils avaient des centaines d'années d'avance sur les autres ?

Je me rappelle la tentative de vente de l'entreprise française Thomson Multimédia (« une perle de la technologie française » comme disaient certains) au sud-coréen Dawoo qui se transforma, en 1996, en une affaire nationale en France. Je ne m'intéressais pas au débat politico-industriel qui secoua le microcosme politique français, mais plutôt au fait qu'une entreprise d'un pays que l'on classait trente ans plus tôt derrière certains pays africains dans l'analyse du potentiel de développement des pays sous-développés, était capable de reprendre le fleuron technologique d'une des premières nations industrialisées du monde. Alors, en regardant la situation actuelle de l'Afrique je ne peux m'empêcher de me demander "What Went Wrong" ((comme disent les anglophones) ?

PermalinkPermalien2 commentairesTrackback (0)
Recommandez/Notez cet article
  • Currently 2.99/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • i

Note: 3.0/5 (1838 votes )

Les e-déchets : le détour de l'Afrique

Permalink15.03.07 14:04:09, par François Ossama, 660 mots, 937 vues, Catégories: Ecologie

Les déchets issus des innombrables équipements électroniques qui meublent notre cadre de vie (ordinateurs, écrans, téléphones portables, lecteurs MP3, etc.) s’évaluent désormais à des dizaines de millions de tonnes par an et représentent plus de 5% des ordures municipales selon l’ONU, qui vient de lancer un programme mondial appelé StEP (Solving the E-Waste Problem, résoudre le problème des déchets électroniques). En 2006, les pays de l’Union Européenne ont produit plus de six millions de tonnes de déchets électroniques (e-déchets) ; aux Etats-Unis entre 14 et 20 millions d’ordinateurs sont jetés aux ordures chaque année. La situation devrait empirer dans les années à venir : le volume des e-déchets est celui qui connaît la plus forte croissance, tirée par la frénésie ambiante pour les produits High-tech.

Le problème posé par les e-déchets serait moins grave s’il n’était que d’ordre volumétrique ou quantitatif. Mais les composants électroniques qui sont utilisés dans ces équipements sont constitués de produits toxiques, polluants pour l’environnement et dangereux pour la santé. Les produits comme le mercure, le cadmium, le plomb, et autres métaux lourds sont de véritables poisons pour l’environnement (air, sols, nappes phréatiques) et les personnes qui entrent en contact avec eux. Ainsi par exemple, le plomb et le mercure que l’on trouve dans le microprocesseurs, peuvent avoir des effets nocifs sur le cerveau et le système nerveux et sont particulièrement dangereux pour les femmes enceintes et les jeunes enfants. Dans les pays développés, on essaie de traiter ce problème par des mesures juridiques et un effort technologique : adoption d’une directive sur les déchets des équipements électriques et électroniques (DEEE) en Europe ; interdiction de certains déchets électroniques dans les décharges dans certains Etats américains, etc.

Mais malheureusement, et comme c’est souvent le cas, la solution des pays riches à ce genre de problèmes prend souvent aussi le détour de la Chine, de l’Inde ou des pays africains (rappelez vous l’affaire des fûts des déchets radioactifs en Somalie, ou celle plus récente des déchets toxiques provenant d’Europe et déversés dans les décharges d’Abidjan, entraînant 7 morts et 37 000 consultations). C’est ainsi que l’Afrique devient un dépotoir des e-déchets : selon Basel Action Network (BAN), une ONG internationale qui lutte contre le commerce et le trafic des matières toxiques (ce qu’elle appelle « commerce toxique »), 400 000 ordinateurs et écrans usagés, en divers états et de tous âges, entrent au Nigeria chaque mois. Sous le prétexte des dons, des milliers d’ordinateurs obsolètes sont déversés dans des pays qui ne disposent pourtant d’aucune capacité de recyclage (dont la maîtrise reste complexe sur le plan technologique). Lorsque qu’une amie responsable d’une association féminine au Cameroun (dont le RIDDAC assure l’hébergement du site) m’appela il y a deux ans pour l’aider à installer des ordinateurs qu’elle venait de recevoir d’un don, grande furent notre surprise et notre déception de constater que sur les 8 ordinateurs reçus, un seul (qui était par ailleurs une machine IBM des années 80) démarrait !

Il devient donc urgent d’appeler les africains à une prise de conscience sur les risques environnementaux et sanitaires des e-déchets, en rappelant par ailleurs qu’il existe une convention internationale (la convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination), qui s’applique à ce type de déchets.

Quelques liens intéressants au sujet des déchets électroniques :

PermalinkPermalienLaisser un commentaireTrackback (0)
Recommandez/Notez cet article
  • Currently 3.00/5